
L’agriculture est capitale dans l’économie africaine, sous-tendant l’alimentation, l’emploi et les revenus de millions d’individus. Malheureusement, cette industrie motrice fait face à un ensemble complexe de défis tels que le manque d’informations et de formations adéquates, le manque de ressources financières et l’insuffisance en équipements appropriés qui limitent leur efficacité opérationnelle. Dans cette analyse, nous explorons ces défis majeurs auxquels sont confrontées quotidiennement les communautés agricoles rurales africaines tout en suggérant diverses initiatives et stratégies visant à atténuer ces problèmes afin d’améliorer durablement cette activité qui rend meilleurs nos assiettes.
Le manque d’informations
De nombreux agriculteurs, principalement dans les pays de l’Afrique, se trouvent confrontés à une accessibilité restreinte en ce qui concerne les informations et les formations liées à leur métier. À titre d’exemple, une enquête de la banque mondiale a montré qu’un maigre 20 % des agriculteurs en Afrique subsaharienne ont accès à des informations concernant les pratiques agricoles novatrices et en 2022, seulement 11 % des agriculteurs en Afrique subsaharienne ont eu la possibilité de suivre une formation agricole[1]. Seuls 10 % des agriculteurs africains ont bénéficié d’une formation en agriculture moderne[2] ces dernières années. Cette carence en formation se traduit par des rendements agricoles peu satisfaisants et une productivité en-deçà des attentes. On assiste par conséquent à une diminution de la productivité et de la rentabilité au sein des exploitations agricoles en Afrique.
Le manque de ressources financières
Les chiffres de la FAO de l’année 2022 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture indiquent que trois agriculteurs sur quatre en Afrique subsaharienne sont privés d’accès au crédit bancaire[3]. Des restrictions financières qui entraînent une incapacité des producteurs à investir et à augmenter leur rendement. Une infime portion des prêts agricoles, soit 2 % , est octroyée aux petits exploitants en Afrique. Cet état de chose s’explique en grande partie par l’absence de garanties adéquates et la faiblesse des infrastructures financières locales.
Le manque de matériel adapté
Les équipements modernes, tels que les tracteurs et les systèmes d’irrigation, ont le potentiel d’augmenter considérablement la productivité agricole. Malheureusement, leur coût élevé les rend inabordables pour bon nombre de petites exploitations agricoles qui sont majoritaires. Selon notre enquête dans la ville de Parakou au Bénin, un tracteur basique coute en moyenne cinq millions de Franc CFA (5. 000. 000 FCFA). Une somme exorbitante pour un agriculteur qui déjà, peine à s’acheter les intrants et semence pour sa production. Ce manque d’équipement adapté impacte négativement la capacité des agriculteurs à cultiver leurs terres de manière efficace. Selon les données de la Banque mondiale, à peine 1 % des agriculteurs en Afrique ont accès aux tracteurs, tandis que seulement 5 % disposent d’équipements d’irrigation[4]. Cette situation est la conséquence de l’absence d’infrastructures de maintenance adéquates pour les rendre accessibles et opérationnels sur une plus grande échelle, qui maintient l’agriculture dans un contexte de sous production.
Quoi pour améliorer cette situation ?
Pour relever ces défis, il faut instaurer des initiatives visant à fournir des informations agricoles aux agriculteurs des zones rurales, à faciliter leur accès aux financements agricoles, et à mettre à leur disposition des équipements adaptés à leurs besoins spécifiques. Les gouvernements, les organisations non gouvernementales (ONG) et les acteurs de l’industrie agricole jouent un rôle dans la résolution de ces problèmes, contribuant ainsi à l’épanouissement des agriculteurs ruraux tout en favorisant la sécurité alimentaire et la croissance économique au sein des communautés rurales.

Pour renforcer l’agriculture africaine et améliorer la sécurité alimentaire sur le continent, il faut :
1) Investir dans la recherche scientifique : Un développement de la recherche agricole en Afrique est indispensable afin de développer des variétés de cultures résistantes au climat, d’améliorer les techniques agricoles et d’encourager l’innovation.
2) Renforcer les infrastructures : Soutenir les agriculteurs par des infrastructures rurales en construisant des routes et des systèmes d’irrigation efficaces pour faciliter le transport des produits agricoles vers les marchés locaux ou régionaux.
3) Promouvoir l’accès aux ressources naturelles : Les gouvernements africains devraient mettre en place des politiques favorisant un accès équitable aux terres arables et à l’eau pour tous les agriculteurs, qu’ils soient petits exploitants ou grands producteurs.
4) Mettre en place des systèmes de crédit souples et adaptés aux réalités des paysans, tout en s’assurant de la rentabilité par des programmes d’acquisition de compétences nouvelles
[1] World Bank. (2019). Agriculture in Africa: Telling Facts from Myths. Retrieved from https://www.worldbank.org/en/region/afr/publication/agriculture-in-africa-telling-facts-from-myths
[2] FAO, The State of Food and Agriculture 2019: Moving Forward on Food Loss and Waste Reduction, Rome, Food and Agriculture Organization of the United Nations, 2019.
[3] FAO (2022). Perspectives de l’alimentation et de l’agriculture en Afrique subsaharienne. Rome : FAO.
[4] BANQUE MONDIALE, 2007 « Rapport sur le développement dans le monde 2008 : Agriculture pour le développement », Washington D.C., Banque mondiale,.
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Une très bonne initiative. Ce qui entrave plus l’agriculture aujourd’hui, c’est le manque d’information. Tout mon pour l’entreprise faariyo.
Le manque d’information est réellement l’un des problèmes que rencontrent les agriculteurs. Merci à vous
Très bonnes approches de solutions.
Au-delà, je voudrais proposer aussi de promouvoir la recherche scientifique.
La recherche va beaucoup faire avancer les choses. Mais, jusque là, beaucoup font les recherches beaucoup plus pour soutenir des thèses ou des mémoires ( donc, pas toujours beaucoup d’investissement personnel dans les projets et leru qualité).
Belle remarque. Nombreux des défis pourront être relevés si des recherches sont faites en amont. C’est ce que nous prônons chez nous pour une agriculture beaucoup plus avancée et durable.
Ping : Les avantages de la formation agricole formelle pour les agriculteurs - FAARIYO